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  • Team Manea

Douleur d'exister

C’est ce que mon psychiatre m’a présenté comme ma caractéristique principale, cette « douleur d’exister ».



Ce sentiment que je n’ai demandé à personne à être là, présente. Que chaque jour est un fardeau, et qu’on a beau grappiller des petites miettes de bonheur où on peut en trouver, ça ne fera jamais une vie, jamais une présence, jamais assez.



Nicolas Bouvier parle d’une « insuffisance centrale de l’âme (…) qui est paradoxalement notre moteur le plus sûr », et je veux y croire. Je veux pouvoir me dire que c’est cette incomplétude, ce manque fondamental, ce vide en moi qui me pousse à aller de l’avant, à accomplir ce que je pensais impossible quand, du fond de mon lit, je regardais le mur avec un œil morne.


Je sais que je ne me ressens pas comme une vraie personne, pas comme un tout, mais plutôt comme des petites planètes orbitant un trou noir sidéral, sans cesse risquant d’y être happées.





Mes problèmes se sont manifestés pour la première fois à 13 ans, et ne m’ont jamais quittée.

Mais il y a des jours où j’y crois, où cette « douleur d’exister » me quitte, des instants de grâce où enfin, je peux être pleine et entière, sans me soucier d’un jugement extérieur, contentée par ma simple présence dans ce monde. Des dessins, de la cuisine, une marche avec un ami, un instant avec mes chats, …


Il y a des moments où cela vaut la peine d’être là, même si on a rien demandé à personne et que, si on avait eu le choix, on aurait préféré ne pas naître et laisser quelqu’un d’autre prendre notre place et se débattre avec toutes les petites imperfections d’un quotidien qui pèse. Mais parfois ça vaut la peine, et ce sont les instants qui doivent compter, qu’on doit mettre dans notre sac pour les ressortir quand le ciel devient gris.


Auteure : Raphaëlle.

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